LA FETE DANS LA VILLE A ETOUVIE LE 20 JUIN 2014

En partenariat avec le Pôle Cirque et Arts de la Rue d’Amiens métropole, nous sommes engagés depuis un an dans les préparatifs de l’accueil de la Fête dans la Ville à Etouvie qui aura lieu le 20 juin 2014.

Putsch Etouvie 04

Le Théâtre de l’Unité avec lequel nous avions collaboré pour la création du spectacle « La Tour Bleue » en 2007 travaille avec le CSC, les partenaires et les habitants du quartier pour une création théâtrale en plusieurs volets :

–       L’immeuble transparent « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? »

–       Le chemin de halage : chemin parsemé d’interventions artistiques parmi lesquelles les centaines de portraits d’habitants du quartier réalisés par le photographe Roberto Giostra. Le public pourra faire connaissance avec ces habitants tout en cheminant jusqu’à Etouvie.

–       « La commune libre d’Etouvie » : une assemblée qui débat et propose de nouvelles lois qui pourraient transformer la vie des quartiers.

 

Communiqué de Jacques Livchine (co-directeur de la Compagnie Le Théâtre de l’Unité, avec Hervée De Lafond)

« Il y a eu le 18 juin, il y aura désormais le 20 juin 2014  qui restera gravé dans  toutes les mémoires.

Le 20 juin, Etouvie deviendra non seulement le centre de la France mais le centre du monde  puisque ce jour-là sera proclamé, le premier jour de la république libre d’Etouvie.

 Acte historique sans précédent, un quartier fait sécession et se constitue en république libre démocratique et  indépendante.

Au cours d’une immense assemblée populaire, on assistera à l’investiture d’un directoire de femmes tiré au sort, qui sera chargé de mettre en application une série de 14 décrets votés à mains levées.

 Les quartiers renferment l’énergie de demain, l’énergie du  futur. Ce sont des réservoirs de talents humains.

 Alors ce jour-là, le quartier d’Etouvie dévoilera ses trésors cachés.

Le chemin de halage qui relie le centre ville d’Amiens au quartier d’Etouvie sera rebaptisé : chemin de la république d’Etouvie.  Par cette décision symbolique nous ferons taire les incessantes rumeurs des travaux en cours  qui évoquent la soi disant « suppression du chemin de halage »  pour être  remplacé par une voie rapide.

 Ce chemin de la république sera le passage obligé et obligatoire pour se rendre à Etouvie interdit aux automobiles pour raison écologique. Tous les moyens de locomotion seront bons pour rejoindre le quartier d’Etouvie : la pénichette, le kayak, le pédalo, le char à voile, les rollers, la marche à pied, le monocycle, le pousse pousse, la chaise à porteur… 

Des  navettes de bus seront mises en place pour le retour.

Le chemin de la république libre d’Etouvie sera jalonné des mille joyaux du quartier.

Actes poétiques, mise en musique, œuvres d’art, ce sera le chemin de toutes les voluptés, de toutes les sensualités, de tous les trésors.

 Avant la grande assemblée populaire, les habitants présenteront leur vie quotidienne sous une forme innovante : Est-ce ainsi que les hommes vivent?

Les marocains nous inviteront place de la fraternité transformée en place Djema el Fna de Marrakech. Les enfants des centres de loisirs nous présenteront leur parade des oiseaux. »

 

Questions à Hervée de Lafond et Jacques Livchine :

Considérez-vous ce projet comme une suite à « La Tour Bleue » que vous aviez créée avec les habitants dans le quartier Etouvie en 2007 ?

« Bien sûr, c’est l’acte 2. Nous sommes avec des gens qui ont le désir de s’impliquer. Déjà dans « La Tour Bleue » ils avaient le désir d’interroger le politique. Ils se sentent stigmatisés, et ils ont compris que le théâtre était un moyen d’expression qui permettait de faire passer des idées, des pensées, des revendications, mais sans prêchi prêcha, et avec fantaisie et humour. Ce qui est positif, c’est qu’après des premières approches difficiles en 2007, maintenant nous sommes en confiance. Le problème, c’est que le spectacle de « La Tour Bleue » est devenu une légende, et nous devons rivaliser avec nous-mêmes pour être à la hauteur de ce que nous avions fait ensemble. »

 Comment un projet comme celui-ci s’écrit-il ? Et comment définissez-vous ce processus ? Comme une action artistique de proximité ? Comme une action socioculturelle ?

 « Nous n’avons pas de méthode de travail prédéfinie. Nous nous asseyons en cercle et nous faisons tourner la parole. Tout le monde doit parler. Chacun a le droit de dire des énormités. Nous leur expliquons que l’idiotie fait souvent avancer les idées. Parfois, nous leur demandons d’écrire de façon anonyme. Les habitants d’Etouvie ou leurs animateurs sont extrêmement riches et créatifs.

Notre travail consiste à trier les matériaux. Lors de la séance du 28 février 2013, les idées jaillissaient dans tous les sens, mais ce qui en est ressorti, c’est qu’il fallait changer l’image du quartier. Nous avions quasiment une soixantaine d’idées. Ils ont envie de montrer non seulement à Amiens mais au reste de la France qu’ils sont responsables et capables de proposer des solutions à leurs problèmes. C’est comme cela que peu à peu grandit le concept de la république d’Etouvie et d’une assemblée constituante populaire.

 C’est excitant parce que ce n’est pas un spectacle avec les acteurs d’un côté et le public de l’autre. Et nous voilà tous lancés dans des écritures de lois. Loi sur le droit de ne pas savoir, loi sur les vieux, lois sur les dents, lois sur la gratuité du pain, etc.

 Mais en amont de l’assemblée constituante, les habitants nous montreront comme ils vivent. En plus ce jour là, on viendra à Etouvie par le chemin de halage ou en bateau.

 Sous quelle bannière se ranger ? On s’en fiche un peu. Disons que c’est une mise en scène de l’espace social à caractère rayonnant. Car cette assemblée se veut un message lancé à tous les quartiers de France. Marre d’être ballotés par le pouvoir politique, c’est une prise de pouvoir, un petit putsch, vrai et faux tout à la fois. N’ayons pas peur des mots, c’est une aventure unique et qui ne ressemblera à rien de ce qu’on a déjà vu. »

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